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Patrimoine[vidéo] De nouvelles fouilles archéologiques sous la piste des Arènes mercredi 16 octobre 2019

[vidéo] De nouvelles fouilles archéologiques sous la piste des Arènes

Depuis une semaine, la trappe située au milieu de la piste des Arènes a été réouverte et une équipe d'archéologues est en train de s'installer. Jusqu’au printemps, elle va explorer les coulisses antiques des Arènes et un puits wisigoth, situés sous la piste. Cette campagne de fouilles approfondit celle menées durant l’hiver 2015-2016. Elle permettra de mieux connaître l’histoire de cet espace appelé « salle cruciforme » depuis sa découverte au XIXe et de préserver l’édifice par une meilleure gestion des circulations hydrauliques en sous-sol.

La salle cruciforme de l’amphithéâtre et son réseau souterrain ont très peu été étudiés jusqu’à nos jours. Cette nouvelle campagne de fouilles commandée par la Ville s’avère plus imposante que la précédente, au cours de laquelle avait été réalisé un relevé des murs et cinq sondages au sol. Plus longue, plus approfondie, elle mobilise une équipe plus importante et spécialisée sur les fouilles de puits, car il s’agit d’explorer cette fois-ci la totalité du sol, ainsi qu’un puits médiéval. Une base de vie, composée de 4 bungalows et d’un barnum vont prendre place sur la piste tandis qu’une mini pelle et une pompe seront introduites en sous-sol. Coût des fouilles : 353 608 €  

Coulisses antiques

L’amphithéâtre de Nîmes, édifié au tout début du IIe siècle de notre ère, est l’un des rares à posséder un réseau de salles souterraines en assez bon état de conservation. Certes sans équivalence avec ceux de Rome ou de Capoue par leur taille et l’importance de leurs souterrains, qui se distribuent parfois sur deux étages, il rivalise avec un grand nombre d’amphithéâtres de capitales provinciales impériales telles que Tarragone, Syracuse, Merida, Saintes ou Lyon. Découverte par l’ingénieur Grangent en 1819, dégagée par Henry Revoil en 1866, cette salle antique nîmoise composée de deux galeries perpendiculaires avait alors été identifiée comme coulisses antiques. Henry Revoil évoque des machineries souterraines et des trappes (les pegmata) qui participent à l’élaboration des spectacles. Entre 1987 et 1989, Marc Célié réalise des fouilles dans le quart sud-est de la piste qui montrent que les réseaux souterrains, d’une complexité insoupçonnée, avaient été creusés sous le Haut Empire et bâtis dans un laps de temps très court, en plusieurs phases de construction ou d’aménagement. En 2016, l’étude des murs et des encastrements a confirmé cette hypothèse. D’une salle rectangulaire possédant deux petits couloirs, le plan originel des souterrains est rapidement modifié pour répondre à des besoins d’espace et de stockage. Des agrandissements importants sont entrepris avec l’allongement et l’élargissement du grand axe puis la création du petit axe, la création de galeries complémentaires et la conversion de l’égout de piste en couloir. Vient ensuite une période de délaissement de certains espaces et un changement d’utilisation pour d’autres, avec des réfections importantes, suivie par un abandon total et le remblaiement de tous les souterrains, provoqué sans doute par un événement torrentiel. 

Inondations récurrentes

Les sondages ont montré l’existence d’un sol initial en béton de tuileau, détruit probablement lors de la mise en place d’un large drain antique creusé dans le substrat afin de pallier aux arrivées d’eau dans la salle, qu’elles soient de ruissellement ou par remontée de la nappe. Située à  2 mètres du sol, celle-ci enfle régulièrement de 2 mètres au-dessus en fonction des intempéries, jusqu’à remplir entièrement la salle cruciforme, élément le plus enfoui de l’amphithéâtre qui est lui-même situé dans l’un des points les plus bas de la cité antique. Elle constitue ainsi un vaste puisard, une cuvette, d’autant que depuis le 19eme siècle, l’égout de piste s’y déverse, et qu’elle est dégagée depuis près de 160 ans. Elle pose aujourd’hui le problème de l’évacuation de l’eau, alors que le chantier de restauration de l’amphithéâtre est en grande partie dédié à lutte contre les effets dévastateurs de la pluie. C’est la raison pour laquelle, à l’issue des fouilles, devront être envisagées des solutions de préservation afin de soustraire la salle cruciforme aux inondations qui la fragilisent.

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