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Patrimoine, AménagementLa place de la Division Daguet, nouveau havre de fraicheur samedi 13 mai 2017

La place de la Division Daguet, nouveau havre de fraicheur

Aux prémices du boulevard Gambetta se trouve l’une des plus belles réalisations du réaménagement de l’Ecusson. L’informe parking aérien a cédé sa place à un vaste espace piéton ombragé, avec bancs, tables et piste cyclable, que les Nîmois n’ont pas manqué d’investir. 

La place de la Division Daguet, face à la caserne Montcalm, offre aujourd’hui un espace repensé pour une pause au soleil ou à l’ombre des seize mélias nouvellement plantés. Cet arbre de taille moyenne au feuillage vert franc vire au jaune à l’automne, pour renaître rose et parfumé en floraison printanière. Cette nouvelle place, agrémentée de bancs, fauteuils et  tables, s’avère un lieu idéal pour une discussion entre amis, un déjeuner sur le pouce, une partie de cartes ou d’échecs. Un banc courbe en pierre calcaire et une haie en surépaisseur protègent du boulevard adjacent. L’accessibilité est de mise partout pour les personnes à mobilité réduite

Un peu d’histoire

Point d’entrée de la ville en venant d’Avignon ou de Beaucaire, le lieu a vécu au rythme de l’histoire de la ville, d’aussi loin que l’on puisse remonter. A l’époque romaine, il est intégré dans l’enceinte romaine et jouxte le rempart qui redescend des collines en ligne droite jusqu’à l’amphithéâtre, en passant par la porte Auguste. 

La ville médiévale, resserrée sur l’Ecusson, voit apparaître au XIIè siècle un nouveau rempart qui emprunte le tracé des futurs boulevards, dont notre future place où siège à l’époque une imposante tour (tour de Corcomaire). Il est bordé d’un fossé de 20m de large et de 4 m de profondeur. A l’intérieur de la ville, ce quartier est celui des « corroyeurs », ouvriers tanneurs qui occupent de leurs multiples activités textiles et teintureries les abords du ruisseau provenant de la source de la fontaine. A l’extérieur, aux pieds de la colline appelée « puech judich », un cimetière juif puis chrétien prend place, ainsi que des moulins à vents. 

Un fort, une caserne, un boulevard

La révocation de l’édit de Nantes en 1685 entraîne l’édification d’un fort pour lequel Vauban, spécialiste du genre, est mis à contribution : braqué sur la ville, le bâtiment symbolise la volonté royale de faire respecter la primauté catholique sur une population protestante peu docile. De nouvelles fortifications sont édifiées de part et d’autre du fort jusqu’à l’Ecusson, créant un nouveau tracé d’enceinte qui rend obsolète le nord du rempart médiéval. Ce dernier est par conséquent détruit en 1689 et remplacé par un nouvel axe, le Grand cours (de Bouquerie à Saint Charles) et le Petit cours (de Saint Charles aux Carmes). 

Les dragons du roi, chargés de mettre un terme à la révolte des camisards, devaient jusqu’à présent être hébergés chez l’habitant, situation plutôt intenable et peu commode pour l’encadrement des troupes. Les consuls de Nîmes sont donc sollicités pour financer la construction des casernes de leurs persécuteurs : conçues par l’architecte Charles Augustin Daviler, elles voient le jour en 1695, en même temps que celles de Bézier, Mèze, Montpellier et Lunel. Elles peuvent accueillir 1200 hommes et 700 chevaux.

Symbole de la République…

En face des casernes, avant que l’on ne bâtisse en 1866, dans le grand élan de construction du XIX,  l’église Saint Baudile, se trouve un ilot d’habitations appelé l’ilot de l’Orange : il comportait l’auberge de l’Orange, 27 parcelles bâties, une rue transversale Est - Ouest et 3 impasses. De Saint Charles à Richelieu, ce fief catholique constitue un bastion  monarchiste. C’est peut-être un brin provocateur que le maire Margarot, en 1883, attribue au boulevard le nom de Gambetta, « grand patriote à la France et à la République ».

…et des armées

L’empreinte militaire, du fait des casernes toutes proches, de celles de la route d’Uzès et de la légion étrangère, marque ce lieu. Elle a été confirmée en devenant, le 26 février 1993, la place de la division Daguet, à l’initiative de Jean Bousquet et du général Bernard Janvier. Unité d’intervention rapide provisoire créée fin 1990 et engagée lors de la deuxième guerre du Golfe pour l’opération Tempête du désert, la division Daguet est alors placée sous le commandement du chef de la 6è Division Légère Blindée, dont l’état major se trouve à Nîmes. 

Pour la petite histoire, Daguet ne fait pas référence à une personne, mais à un jeune cerf. Vision champêtre que l’on pourra aussi retenir au sujet de notre nouvelle place.

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